Haïti franchit une nouvelle étape dans son processus d’adhésion à la Corporation andine de développement (CAF), Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes. La ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a signé, le lundi 17 août 2026, avec le vice-président exécutif de la CAF, Gianpiero Leoncini, un accord relatif aux immunités, exemptions et privilèges de l’institution sur le territoire haïtien.
Cet accord établit le cadre juridique nécessaire au fonctionnement de la CAF en Haïti. Il définit notamment les immunités, privilèges, exemptions et facilités dont l’organisation pourra bénéficier dans l’exercice de ses missions. Le texte prévoit également la possibilité pour la Banque de développement d’établir un bureau de représentation en Haïti, renforçant ainsi les perspectives d’une présence institutionnelle directe dans le pays.
La signature s’inscrit dans le processus visant à faire d’Haïti un pays membre actionnaire de la CAF. Une autre étape a été franchie le même jour avec la signature de l’Accord de souscription d’actions par le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, au nom de l’État haïtien. Ces démarches traduisent la volonté des autorités d’élargir les partenariats financiers internationaux du pays et de renforcer son intégration aux mécanismes régionaux de financement du développement.
Institution financière multilatérale, la CAF intervient dans le financement de projets et fournit des services financiers aux secteurs public et privé de ses pays actionnaires. Son action couvre notamment des domaines liés aux infrastructures, au développement social, à l’intégration régionale, à la transition énergétique et au développement durable. Son implantation potentielle en Haïti pourrait ainsi offrir au pays un canal supplémentaire pour rechercher des ressources destinées à des investissements structurants.
Pour Haïti, confrontée à d’importants besoins en matière d’infrastructures et de développement économique et social, l’adhésion à une nouvelle banque multilatérale peut représenter une opportunité de diversification des sources de financement. Elle ne constitue cependant pas, à elle seule, une garantie de nouveaux investissements : la capacité du pays à élaborer des projets viables, à assurer leur gouvernance et à mobiliser efficacement les ressources disponibles restera déterminante.
L’établissement d’un cadre juridique permettant à la CAF d’opérer en Haïti marque néanmoins une avancée dans le rapprochement entre les deux parties. À terme, l’adhésion du pays pourrait favoriser de nouvelles coopérations techniques et financières et soutenir des projets susceptibles de contribuer à la reconstruction, à la modernisation des infrastructures et au développement économique.
Sur le plan diplomatique, cette nouvelle étape illustre également la volonté d’Haïti de renforcer ses relations avec l’Amérique latine et les Caraïbes et de diversifier ses partenariats de développement. L’enjeu sera désormais de transformer cette ouverture institutionnelle en projets concrets capables d’avoir un impact durable sur les conditions de vie de la population haïtienne.
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