À l’occasion du lancement de l’année scolaire 2026-2027 en Haïti, la directrice pays du Programme alimentaire mondial (PAM), Lauren Landis, s’est jointe au ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, ainsi qu’à l’UNICEF et à d’autres partenaires du secteur éducatif, pour mettre en lumière l’importance de l’alimentation scolaire. Dans un pays où l’insécurité, les déplacements de population et les difficultés économiques continuent d’affecter la scolarité de nombreux enfants, les repas servis à l’école représentent bien davantage qu’un accompagnement alimentaire : ils peuvent contribuer à maintenir les élèves en classe et à créer de meilleures conditions d’apprentissage. L’UNICEF souligne d’ailleurs que la pauvreté et l’insécurité continuent de constituer des obstacles majeurs à l’accès à l’éducation en Haïti.
Cette mobilisation intervient dans un contexte nutritionnel particulièrement préoccupant. Les résultats préliminaires de l’Enquête nationale nutritionnelle SMART 2026 indiquent que 7,4 % des enfants haïtiens âgés de 6 à 59 mois souffrent de malnutrition aiguë, contre 5,1 % en 2023. Selon l’UNICEF, cette détérioration s’inscrit notamment dans un environnement marqué par l’insécurité prolongée, les difficultés économiques et la réduction de l’accès des familles à une alimentation suffisamment nutritive.
Dans ce contexte, l’alimentation scolaire constitue aussi un instrument de protection sociale. Lorsque les familles rencontrent des difficultés pour couvrir leurs besoins essentiels, la possibilité pour un enfant de recevoir un repas à l’école peut réduire une partie de la pression économique qui pèse sur le foyer. Le PAM dispose déjà d’une expérience importante dans ce domaine en Haïti : ses programmes ont permis de fournir des repas scolaires à des centaines de milliers d’enfants et ont également privilégié, lorsque les conditions le permettent, l’achat de produits auprès de producteurs haïtiens. Cette approche crée un lien entre nutrition des élèves, maintien à l’école et soutien à l’économie alimentaire locale.
L’alimentation est d’autant plus importante que la réponse aux difficultés du système éducatif doit être globale. En avril 2026, deux nouvelles écoles inaugurées dans le Grand Sud avec l’appui de l’UNICEF et du Canada ont ainsi été équipées de cantines comprenant cuisine, espace de stockage et salle à manger. Ces infrastructures illustrent la place que peut occuper la nutrition dans la conception même d’un environnement scolaire adapté aux besoins des enfants.
La présence conjointe du ministère de l’Éducation, du PAM, de l’UNICEF et de leurs partenaires à l’occasion de cette rentrée traduit ainsi une approche dans laquelle l’accès à l’éducation ne se résume pas à l’ouverture des salles de classe. Pour apprendre, un enfant doit également pouvoir évoluer dans un environnement sûr, disposer du matériel nécessaire et bénéficier de conditions nutritionnelles adéquates.
Pour cette année scolaire 2026-2027, l’enjeu sera donc de maintenir et d’étendre les mécanismes permettant aux enfants les plus vulnérables de rester à l’école malgré la crise. Dans une Haïti où les difficultés alimentaires et éducatives se renforcent souvent mutuellement, investir dans les cantines scolaires revient à agir simultanément sur deux besoins fondamentaux : permettre aux enfants de se nourrir correctement et leur donner de meilleures chances de poursuivre leur éducation.
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