L’Office de la protection du citoyen (OPC) a organisé, le vendredi 23 octobre 2026, à l’hôtel Montana, à Pétion-Ville, la finale de la première édition de son Concours national de plaidoirie et d’éloquence, consacrée au thème « Droits des femmes et élections ». À l’issue de cette compétition réunissant des élèves et des étudiants autour des enjeux de participation politique féminine, deux jeunes femmes se sont distinguées : Lisa Faïmi Joseph, lauréate de la catégorie scolaire avec une note de 83 sur 100, et Daïna Silfise, étudiante à la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), gagnante de la catégorie universitaire.
Cette première édition s’inscrit dans les initiatives de sensibilisation aux droits humains menées par l’OPC. En choisissant de placer les droits des femmes et les élections au centre des plaidoiries, l’institution a invité les jeunes participants à réfléchir à la représentation féminine dans les institutions publiques, aux obstacles à l’engagement politique et aux conditions d’une démocratie plus inclusive.
La compétition, lancée le 11 juin 2026, était ouverte aux élèves du secondaire et aux étudiants de l’enseignement supérieur. Les candidats pouvaient notamment développer leurs arguments autour de la participation des femmes à la vie politique haïtienne et des défis liés à une participation politique inclusive.
Organisée en présence de responsables publics, de représentants du secteur privé et de membres de la communauté éducative, la finale a offert aux candidats l’occasion de présenter leurs arguments devant un jury, tout en sensibilisant l’assistance aux enjeux des droits politiques des femmes.
Deux jeunes femmes récompensées pour leurs performances
Dans la catégorie scolaire, Lisa Faïmi Joseph s’est imposée avec une note de 83 sur 100. Ancienne élève de l’institution Saint-Louis de Bourdon, elle a notamment reçu une récompense financière de 50 000 gourdes, un ordinateur portable et une possibilité de stage d’un an à l’OPC.
Dans la catégorie universitaire, Daïna Silfise, étudiante à la Faculté de droit et des sciences économiques, a remporté le premier prix. Sa distinction met en évidence la participation des étudiantes aux débats juridiques et citoyens sur la représentation politique des femmes.
La victoire de ces deux jeunes femmes constitue l’un des faits marquants de cette première édition. À travers leurs prestations, elles ont pris part à un exercice de prise de parole publique mobilisant des compétences en argumentation, en analyse et en défense des droits fondamentaux.
Jean Wilner Morin dénonce l’instrumentalisation des électrices
Lors de son intervention, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, a félicité les finalistes et insisté sur la nécessité d’une participation plus effective des femmes aux affaires publiques.
Il a notamment critiqué les pratiques consistant à solliciter les femmes uniquement comme électrices, sans leur offrir de véritables possibilités d’accéder aux espaces de décision.
« Nous ne devons pas traiter les femmes comme des biens meubles et leur donner mille gourdes pour aller voter. Il faut les intégrer à tous les niveaux », a déclaré Me Jean Wilner Morin.
Cette déclaration a placé au centre des discussions la distinction entre la mobilisation des femmes pendant les campagnes électorales et leur participation réelle à la conduite des affaires publiques.
Le Protecteur du citoyen a également rendu hommage à Mariline Étienne pour ses cinquante années d’engagement dans le domaine de l’éducation, selon les comptes rendus de la rencontre.
Des représentants institutionnels appellent à une participation féminine accrue
La conseillère électorale Yves Marie Édouard, présente à l’activité, a salué l’initiative de l’OPC et encouragé les femmes à participer aux démarches électorales, notamment à travers leur inscription sur les listes électorales.
Elle a rappelé l’importance de l’exercice des droits politiques des femmes, aussi bien comme électrices que comme candidates aux fonctions électives.
Le directeur général du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, Jean Fallières Bazelais, représentant le ministre Patrick Pélissier, a également pris part à la cérémonie. Selon les comptes rendus publiés, il a indiqué que les propositions formulées lors de cette activité seraient prises en considération par les autorités concernées.
La ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pédrica Saint-Jean, a pour sa part souligné la nécessité d’accompagner les jeunes dans leur développement et leur engagement citoyen. Elle a notamment évoqué une possibilité de stage rémunéré de trois mois au sein de son ministère.
La participation des femmes au-delà du droit de vote
La tenue de ce concours intervient alors que les institutions électorales haïtiennes poursuivent leurs démarches de préparation des prochaines élections et de sensibilisation à la participation citoyenne.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) a notamment rappelé, dans une communication publiée le 16 octobre à l’occasion de la Journée internationale des femmes rurales, que la participation des femmes à la démocratie ne devait pas se limiter à l’exercice du droit de vote, mais devait également concerner les processus décisionnels et la gestion des affaires publiques.
Cette question demeure centrale dans les discussions sur la représentation politique féminine en Haïti. L’accès aux candidatures, la présence des femmes dans les directions des partis, leur participation aux institutions électorales et leur représentation dans les instances de décision constituent différentes dimensions de cet enjeu.
À travers la plaidoirie et l’éloquence, l’OPC a choisi de mobiliser la jeunesse autour de ces problématiques, en associant formation citoyenne, réflexion juridique et expression publique.
La distinction de Lisa Faïmi Joseph et de Daïna Silfise marque ainsi la clôture de cette première édition du concours national de l’OPC. Au-delà des récompenses attribuées, l’événement a permis de replacer la participation des femmes aux élections et aux responsabilités publiques au cœur des échanges entre jeunes, responsables institutionnels et acteurs de la société civile.
Nouv’Elles Média
