La victoire 4-1 d’Haïti face à la République dominicaine, disputée à Santo Domingo dans le cadre de la Ligue des Nations de la Concacaf, a aussi été marquée par une présence féminine importante dans le corps arbitral. L’Américaine Ekaterina « Katja » Koroleva était l’arbitre principale de la rencontre, accompagnée de ses compatriotes Felisha Mariscal et Kali Smith comme première et deuxième arbitres assistantes. Le Guatémaltèque Sergio Armando Reyna Möller complétait l’équipe en qualité de quatrième officiel.
Une précision s’impose sur la date : plusieurs publications annonçaient initialement la rencontre pour le jeudi 1er octobre, mais les feuilles de match et bases de résultats l’enregistrent au vendredi 2 octobre 2026, le coup d’envoi ayant eu lieu à 2 h du matin en temps universel, soit 22 h le 1er octobre à Santo Domingo et en Haïti. Le match s’est déroulé à l’Estadio Olímpico Félix Sánchez.
Ekaterina Koroleva, une arbitre habituée aux grandes compétitions
Au centre de cette équipe arbitrale, Ekaterina Koroleva n’est pas une nouvelle venue sur la scène internationale. L’Américaine appartient au panel FIFA depuis 2014. U.S. Soccer la répertorie comme arbitre et officielle vidéo, tandis que son parcours l’a conduite dans plusieurs grandes compétitions de la Concacaf et de la FIFA.
Koroleva avait notamment été sélectionnée parmi les officielles représentant les États-Unis à la Coupe du monde féminine 2023 en Australie et en Nouvelle-Zélande. Durant cette compétition, la FIFA lui avait confié, entre autres, la direction du match Japon–Espagne, avec Felisha Mariscal parmi ses assistantes. Cette expérience commune au plus haut niveau témoigne d’une collaboration déjà éprouvée entre les deux femmes avant leur désignation pour le rendez-vous entre Haïti et la République dominicaine.
Son profil présente également une particularité : parallèlement à l’arbitrage, Koroleva exerce dans le domaine médical comme Physician Assistant. U.S. Soccer et la Concacaf avaient notamment mis en lumière son travail dans un service d’urgence en Californie durant la pandémie de Covid-19. Une double carrière qui associe deux environnements où la rapidité de décision, la maîtrise de la pression et la communication occupent une place déterminante.
Felisha Mariscal et Kali Smith, deux autres femmes du panel FIFA
À ses côtés, Felisha Mariscal possède elle aussi une solide expérience internationale. Membre du panel FIFA des arbitres assistantes depuis 2014, elle figurait encore sur la liste internationale américaine publiée par U.S. Soccer pour 2025. Elle avait déjà officié avec Koroleva lors du Championnat féminin de la Concacaf 2018 et faisait partie des six officiels américains retenus pour la Coupe du monde féminine 2023.
Kali Smith représente pour sa part une génération plus récente de l’arbitrage international américain. Elle a intégré le panel FIFA en 2023 et figure parmi les arbitres assistantes internationales des États-Unis. Sa désignation aux côtés de deux officielles beaucoup plus expérimentées constitue aussi une illustration de la progression des femmes au sein des structures arbitrales de haut niveau.
La présence de Koroleva, Mariscal et Smith revêt une dimension particulière parce qu’il ne s’agissait pas d’une compétition féminine. Ces trois femmes étaient chargées d’officier lors d’une rencontre internationale masculine opposant deux sélections nationales, avec Koroleva comme autorité principale sur le terrain. Leur désignation rappelle que l’arbitrage féminin ne se limite plus nécessairement aux compétitions réservées aux joueuses.
Des femmes qui s’imposent aussi dans l’arbitrage masculin
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large. Les dernières années ont vu plusieurs femmes franchir des étapes longtemps considérées comme réservées aux hommes dans l’arbitrage international. Aux États-Unis notamment, U.S. Soccer recensait un nombre record de 42 officiels sur le panel FIFA en 2025, avec une présence féminine importante parmi les arbitres, assistantes et officiels vidéo.
La rencontre entre Haïti et la République dominicaine offre ainsi une autre image du leadership féminin dans le sport. Les femmes ne sont pas uniquement présentes comme athlètes, dirigeantes ou membres des fédérations : elles prennent également les décisions arbitrales au centre du terrain, y compris dans des rencontres masculines internationales.
Pour Ekaterina Koroleva, cette responsabilité s’inscrit dans une carrière déjà construite sur plus d’une décennie au niveau FIFA. Pour Felisha Mariscal et Kali Smith, elle confirme également leur place dans l’arbitrage international américain. Et pour les jeunes filles qui envisagent une carrière sportive sans nécessairement devenir joueuses, leur présence rappelle que le football offre aussi des trajectoires professionnelles derrière le sifflet et le drapeau d’assistante.
Dans un derby remporté 4-1 par les Grenadiers, les projecteurs étaient naturellement braqués sur les joueurs et les buts. Mais au milieu du terrain, une autre image mérite d’être retenue : celle de trois femmes chargées de faire respecter les règles d’une rencontre internationale masculine, avec Ekaterina Koroleva à sa tête.
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