Pour des femmes et des jeunes filles contraintes de quitter leur domicile en raison de la crise sécuritaire, apprendre un métier peut constituer une première étape vers la reconstruction d’une autonomie économique. C’est dans cette perspective que Femmes en Association pour le Développement d’Haïti et pour le Renforcement de l’Intégration Sociale (FADHRIS) a organisé, le 26 septembre à Pétion-Ville, une cérémonie de clôture d’un cycle de formations professionnelles destiné notamment à des femmes affectées par le déplacement interne.
Les participantes ont été formées pendant trois mois à plusieurs métiers, notamment la sérigraphie, les arts décoratifs, le maquillage et l’onglerie. Lors de la cérémonie, elles ont pu présenter les compétences acquises à travers différentes démonstrations pratiques. Selon FADHRIS, cette formation s’inscrit dans une démarche visant à favoriser l’insertion professionnelle, l’autonomisation économique et la résilience des femmes confrontées à des situations de vulnérabilité.
Les informations publiées par FADHRIS font état d’un programme plus large que la centaine de bénéficiaires évoquée dans certaines communications : l’organisation indique que 200 femmes provenant de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite ont achevé ce cycle de formation. Une première promotion de 120 jeunes filles avait déjà terminé son parcours le 24 avril, portant à 320 le nombre de bénéficiaires annoncées dans le cadre du programme.
Cette initiative intervient alors que les femmes et les filles déplacées font face à des vulnérabilités particulières. Au-delà de la perte du logement et des moyens de subsistance, le déplacement peut accentuer leur exposition aux violences basées sur le genre et limiter leur accès aux services essentiels. FADHRIS intervient déjà sur plusieurs sites de déplacement : en juillet, l’organisation avait notamment mené des activités d’accompagnement psychosocial auprès de centaines de personnes provenant des sites MEDIC, Nouvelle Jérusalem, Institution Mixte de la Grâce et ISBACOM, avec l’appui d’AVSI et d’un financement humanitaire régional.
Le partenariat avec les agences internationales s’étend également aux questions de santé et de protection. L’UNFPA indique avoir travaillé avec FADHRIS pour déployer des cliniques mobiles sur plusieurs sites de déplacement. Lors d’une intervention documentée en 2024, huit cliniques mobiles avaient permis à 2 361 personnes de bénéficier de services liés à la santé sexuelle et reproductive et aux violences basées sur le genre, dont 219 femmes enceintes et 77 personnes vivant avec un handicap.
L’intérêt de la formation professionnelle prend ainsi tout son sens. L’aide humanitaire répond aux besoins immédiats, mais la possibilité d’acquérir une compétence susceptible de générer un revenu peut aider les bénéficiaires à retrouver progressivement une marge d’indépendance. Sérigraphie, décoration, maquillage ou onglerie sont des activités qui peuvent notamment être exercées sous forme de microentreprises ou de services individuels, à condition que les diplômées disposent ensuite des équipements, du financement, de l’accompagnement entrepreneurial et des débouchés nécessaires.
La cérémonie du 26 septembre ne représente donc qu’une étape. Le véritable impact du programme pourra se mesurer à la capacité des participantes à transformer les compétences acquises en activités économiques durables. L’accès à des kits professionnels, au microfinancement, au mentorat et à des réseaux de commercialisation pourrait notamment déterminer la continuité entre formation et autonomie financière.
Dans une crise où les femmes déplacées sont souvent présentées uniquement à travers leurs besoins humanitaires, cette initiative propose une autre lecture : celle de femmes qui peuvent aussi devenir productrices, entrepreneures et actrices de leur propre relèvement. Former constitue un premier levier ; créer les conditions permettant à ces compétences de générer des revenus sera désormais l’étape déterminante.
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