Lors d’un point de presse tenu le 12 juin 2026 à Genève, la représentante de ONU Femmes en Haïti, Marie Goretti Nduwayo, a dressé un constat alarmant de la situation des femmes et des filles dans le pays. Tout en saluant l’ouverture des premières Maisons des Femmes soutenues par l’État haïtien, elle a rappelé que les violences basées sur le genre atteignent des niveaux préoccupants dans un contexte marqué par l’expansion des groupes armés et les déplacements massifs de population.
Selon les données présentées, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a recensé 1 863 cas de violences sexuelles en 2025, soit une augmentation de 163 % par rapport à l’année précédente. Les femmes et les filles représentent l’écrasante majorité des victimes. Durant les trois premiers mois de 2026, les violences sexuelles ont constitué plus de 70 % des cas de violences basées sur le genre signalés. ONU Femmes souligne également que certaines agressions sont désormais accompagnées de formes de cyberviolence, les auteurs utilisant des images pour humilier ou faire chanter leurs victimes.
L’organisation s’inquiète particulièrement de la situation des 1,47 million de personnes déplacées, dont près de 790 000 femmes et filles. Dans les sites de déplacement, l’absence d’éclairage, de sanitaires sécurisés et de services adaptés accroît les risques de violences. À cela s’ajoutent la fermeture de plus de 1 600 écoles, la détérioration de l’accès aux soins de santé et un chômage qui touche plus de 80 % des femmes déplacées, selon les données recueillies par ONU Femmes.
Malgré ces difficultés, Marie Goretti Nduwayo a souligné le rôle essentiel joué par les femmes dans les efforts de résilience et de solidarité. Leur participation dans les comités de gestion des sites de déplacement est passée de 2 % en 2024 à plus de 40 % en 2025, tandis que de nombreuses organisations féminines continuent d’apporter une assistance aux survivantes, aux familles déplacées et aux communautés touchées par la crise. Pour ONU Femmes, l’ouverture des Maisons des Femmes constitue une avancée importante, mais la responsable onusienne appelle à une mobilisation internationale renforcée afin de garantir davantage de protection, de services et de soutien aux femmes et aux filles haïtiennes.
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