Le 11 mars 2026, le nouveau gouvernement dirigé par José Antonio Kast entre en fonction au Palacio de La Moneda. Son cabinet comprend 11 femmes sur 24 ministres, une configuration qui témoigne de la place désormais incontournable des femmes dans les sphères de décision politique au Chile. Si cette proportion est légèrement inférieure à celle du gouvernement précédent, elle confirme néanmoins une évolution durable vers une représentation féminine accrue dans les institutions publiques.
Cette dynamique s’inscrit dans une continuité institutionnelle initiée sous l’administration de Gabriel Boric, dont le gouvernement comptait 14 femmes sur 24 ministres, l’un des cabinets les plus féminisés de l’histoire politique du pays. La nouvelle équipe de Kast marque cependant une orientation différente : elle privilégie des profils indépendants, technocratiques et issus de la société civile, puisque 16 des 24 ministres ne sont affiliés à aucun parti politique, selon plusieurs analyses relayées notamment par le média chilien Emol.
Parmi les figures féminines les plus remarquées figure Judith Marín, 30 ans, nommée ministre de la Femme et de l’Égalité des genres. Sa nomination suscite un débat national en raison de ses positions très conservatrices sur la question de l’IVG. À ses côtés, plusieurs femmes occupent des portefeuilles stratégiques : Mara Sedini comme ministre Secrétaire générale du Gouvernement et porte-parole de l’exécutif, María Paz Arzola à l’Éducation, ou encore Ximena Rincón, ancienne figure du centre-gauche, désormais ministre de l’Énergie dans ce gouvernement d’union conservateur.
D’autres nominations illustrent également la diversification des profils féminins dans la gouvernance publique. L’ancienne athlète olympique Natalia Duco prend la tête du ministère des Sports, tandis que May Chomalí dirige la Santé, Francisca Toledo l’Environnement et Ximena Lincolao la Science et la Technologie. Cette diversité de parcours allant du sport de haut niveau à la recherche scientifique reflète l’évolution des formes de leadership féminin dans la sphère politique contemporaine.
Au-delà des clivages idéologiques, la présence de ces femmes à des postes stratégiques confirme une tendance globale : le leadership féminin ne cesse de gagner du terrain dans la gouvernance publique. Si les débats restent vifs sur certaines orientations politiques, l’évolution institutionnelle au Chili démontre que la participation des femmes aux centres de décision est désormais un élément structurant des démocraties modernes, un mouvement observé dans de nombreux pays et régulièrement analysé par des institutions de recherche comme la Fondation Jean-Jaurès.
Dans un contexte mondial où les questions d’égalité et de représentation restent au cœur des débats politiques, l’exemple chilien illustre une réalité : le leadership féminin ne se limite plus à une revendication symbolique, il s’impose progressivement comme une composante durable du pouvoir politique.
Mary Stéphanie Laguerre
