La ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, participe en Éthiopie à la Réunion ministérielle consacrée à l’examen à mi-parcours du Programme d’action de Doha en faveur des pays les moins avancés (PMA). Cette rencontre internationale constitue pour la diplomatie haïtienne une nouvelle tribune afin de défendre les priorités du pays et de consolider ses relations avec les États africains.
Organisée par le Bureau de la Haute-Représentante des Nations Unies pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement (UN-OHRLLS), la réunion permet aux États concernés et à leurs partenaires d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Programme d’action de Doha. Adopté pour la décennie 2022-2031, celui-ci vise notamment à répondre aux vulnérabilités structurelles des PMA et à soutenir leur développement durable.
Dans son intervention, Raina Forbin a replacé la question sécuritaire au centre des préoccupations haïtiennes. Pour la chancelière, le rétablissement de la sécurité et de la stabilité demeure indispensable à la réalisation des objectifs de développement du pays. Elle a ainsi appelé les États africains et, plus largement, la communauté internationale à accroître leur mobilisation autour de trois priorités : la sécurité, l’organisation des élections et la relance économique.
La ministre a également salué l’implication de pays africains, notamment le Tchad, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, dans les efforts internationaux visant à soutenir Haïti face à l’expansion des groupes armés. Elle a plaidé en faveur du renouvellement du mandat et du déploiement complet de la force appelée à combattre les gangs, mais aussi pour la mobilisation des ressources financières, logistiques et opérationnelles nécessaires à l’efficacité de cette mission.
Au-delà de la réponse sécuritaire immédiate, la représentante haïtienne a attiré l’attention sur les difficultés de financement auxquelles sont confrontés les États touchés simultanément par la fragilité institutionnelle, les crises humanitaires et les contraintes économiques. Elle a défendu la mise en place de mécanismes financiers davantage adaptés à ces réalités, capables d’accompagner à la fois la stabilisation du pays, la transition entre assistance humanitaire et relance économique ainsi que les investissements nécessaires au développement à long terme.
La présence de Raina Forbin à Addis-Abeba traduit également une volonté de renforcer l’axe diplomatique entre Haïti et le continent africain. Première république noire indépendante, née de la révolution menée par des femmes et des hommes autrefois réduits en esclavage et majoritairement originaires d’Afrique, Haïti entretient avec le continent des liens historiques qui occupent une place particulière dans son identité diplomatique.
Pour la chancelière, cet héritage doit désormais pouvoir se traduire par une coopération politique et économique plus structurée. Son plaidoyer à Addis-Abeba cherche ainsi à dépasser la seule référence aux liens historiques pour faire de la relation entre Haïti et l’Afrique un instrument de solidarité diplomatique, de coopération et de développement.
Dans un contexte où Haïti cherche à rétablir la sécurité, organiser des élections et créer les conditions d’une reprise économique, la rencontre d’Addis-Abeba offre ainsi à la diplomatie haïtienne l’occasion de replacer les défis du pays dans un cadre multilatéral. L’enjeu sera désormais de transformer les appels à la solidarité en engagements concrets susceptibles d’accompagner durablement le pays dans sa sortie de crise.
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