Une longue attente, un nouveau tournant politique


En Haïti, les femmes ont dû patienter jusqu’en 1950 pour obtenir le droit de vote, et encore cinq années supplémentaires pour participer aux élections présidentielles. Pourtant, dès 1955, elles ont prouvé leur détermination : sur 28 candidates engagées aux municipales, 8 furent élues, une percée qui dévoilait déjà leur capacité à transformer le paysage politique. Aujourd’hui, alors que le pays cherche à reconstruire ses institutions, cette mémoire inspire une nouvelle démarche gouvernementale qui se veut structurante, inclusive et résolument tournée vers l’équité.


Une campagne affirmée : la démocratie ne peut se passer des femmes


Ce mercredi 12 novembre 2025 à Port-au-Prince, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a lancé une vaste campagne nationale de sensibilisation, de mobilisation et de formation visant à accroître la participation des femmes dans le prochain cycle électoral. En martelant : « Pa gen demokrasi san fanm », il a rappelé que la représentation féminine n’est ni un slogan ni une faveur, mais un pilier fondamental de toute démocratie réelle. Le gouvernement prévoit d’allouer jusqu’à trois milliards de gourdes en incitations financières afin de soutenir la présence des femmes à toutes les étapes du processus électoral ; des bureaux de vote aux postes décisionnels.


Des mesures concrètes pour une équité politique durable

Compte X du Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé


Déjà, des progrès tangibles se dessinent. Le Conseil électoral provisoire (CEP) compte désormais 40 % femmes dans ses équipes départementales et communales, un chiffre inédit dans l’histoire récente. L’avant-projet décret impose également un quota de 30 % de candidates sur les listes législatives et introduit un bonus de financement de 25 %pour les partis qui dépassent 50 % d’élues. Ces dispositions, appuyées par une collaboration solide entre le CEP et ONU-Femmes , traduisent une volonté politique d’installer durablement la parité.


Un appel à l’engagement, dans l’héritage des héroïnes nationales


En se rappelant des figures telles que Suzanne Sanité Bélair, Catherine Flon, Claire Heureuse et Tante Toya, le Premier ministre a réinscrit l’initiative dans une continuité historique : les femmes ont toujours été au cœur de la construction de la nation. Aujourd’hui, leur rôle doit enfin s’aligner sur leur contribution réelle. Fils-Aimé appelle ainsi les femmes à investir la vie publique avec confiance, conviction et leadership. Selon lui, « la stabilité politique d’Haïti ne se bâtira qu’avec la voix et la force des femmes », un message qui scelle une campagne ambitieuse, porteuse d’inclusion et de transformation sociale.

Mary Stephanie Laguerre

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