La veuve de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, Martine Moïse, a comparu mardi devant un tribunal fédéral de Miami, dans le cadre du procès visant plusieurs hommes accusés d’avoir participé à la planification de l’assassinat du chef de l’État haïtien en juillet 2021. Émue et parfois en larmes, l’ancienne Première dame a livré aux jurés un témoignage détaillé de la nuit tragique où son mari a été tué dans leur résidence privée de Pétion‑Ville.

Le procès concerne quatre hommes basés dans le sud de la Floride, soupçonnés par l’accusation d’avoir joué un rôle clé dans l’organisation d’un complot qui aurait initialement visé l’enlèvement du président avant de se transformer en assassinat. Lors des plaidoiries d’ouverture, les procureurs ont soutenu que la planification de l’opération aurait été orchestrée depuis les États-Unis, impliquant plusieurs acteurs internationaux.

Appelée à la barre comme témoin principal, Martine Moïse a raconté avec émotion les événements survenus dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Touchée par deux balles lors de l’attaque, elle a témoigné en créole et en français avec l’aide d’un interprète. Devant les jurés, elle s’est d’abord présentée en évoquant la mémoire de son mari, qu’elle appelait affectueusement « Jo ». « Je suis Martine Moïse. J’ai promis à Jo que je ne pleurerais plus jamais. J’attends ce moment depuis si longtemps. Veuillez m’excuser si je pleure », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé que leur histoire remontait à leurs années d’études à l’Université Quisqueya à Port-au-Prince, soulignant qu’ils avaient partagé près de vingt-cinq ans de vie commune. Diplômée en anglais et en espagnol, elle rêvait initialement de devenir interprète, avant de travailler aux côtés de son mari dans l’exploitation agricole familiale, bien avant son entrée en politique et son élection à la présidence d’Haïti en février 2017.

Dans un récit particulièrement bouleversant, l’ancienne Première dame a décrit le moment où des coups de feu ont éclaté vers une heure du matin. Réveillée par les tirs, elle a expliqué avoir tenté de protéger ses enfants en les conduisant dans une salle de bain pour les mettre à l’abri, avant de retourner auprès de son mari. Selon son témoignage, le président avait appelé à l’aide des membres de son service de sécurité, persuadé que des renforts allaient intervenir.

Gravement blessée mais survivante de l’attaque, Martine Moïse demeure aujourd’hui l’une des voix les plus déterminées dans la quête de justice pour son époux. Malgré les années écoulées depuis l’assassinat qui a profondément bouleversé la vie politique haïtienne, l’ancienne Première dame affirme continuer de croire que la vérité finira par être établie et que les responsables seront jugés. Son témoignage, chargé d’émotion et de mémoire, rappelle l’ampleur humaine et politique de ce drame qui continue de marquer l’histoire contemporaine d’Haïti.

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