Chaque 28 mai marque à la fois la Journée internationale d’action pour la santé des femmes et la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, deux journées qui rappellent qu’au-delà des discours, la santé des femmes demeure un enjeu de droits humains, d’égalité et de justice sociale. Créée en 1987, la Journée internationale d’action pour la santé des femmes appelle à renforcer l’accès aux soins, aux droits sexuels et reproductifs ainsi qu’aux services de santé adaptés aux réalités féminines. La Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, célébrée depuis 2014, vise quant à elle à briser les tabous entourant les règles et à défendre la dignité menstruelle.
En Haïti, ces deux journées résonnent avec une intensité particulière. La fragilisation du système sanitaire, l’insécurité et les déplacements forcés compliquent l’accès des femmes aux soins essentiels. Les agences internationales rappellent régulièrement que la santé reproductive reste un défi majeur dans le pays, où la mortalité maternelle demeure parmi les plus élevées de la Caraïbe et où les crises successives aggravent les inégalités d’accès aux services médicaux.
La question menstruelle illustre également ces vulnérabilités. Pour de nombreuses adolescentes et femmes haïtiennes, gérer leurs règles dans la dignité reste difficile en raison du coût des protections hygiéniques, du manque d’accès à l’eau potable, d’installations sanitaires insuffisantes et de tabous encore profondément ancrés. L’UNICEF et l’OMS soulignent que les lacunes en matière d’eau, d’assainissement et d’éducation menstruelle affectent directement la santé, l’estime de soi et parfois même la fréquentation scolaire des jeunes filles. Dans plusieurs régions et camps de déplacés, les menstruations demeurent un sujet entouré de silence, poussant certaines adolescentes à manquer l’école ou à utiliser des alternatives peu sécuritaires.
Pourtant, des initiatives émergent. En Haïti, le MCFDF, l’UNFPA, l’UNICEF et plusieurs organisations communautaires multiplient les campagnes de sensibilisation, les distributions de kits d’hygiène et les actions de proximité en faveur des femmes et des filles, notamment dans les zones touchées par les crises humanitaires. Les Nations Unies rappellent que la santé des femmes ne doit pas être considérée comme un privilège mais comme une responsabilité collective et un droit fondamental.
À l’occasion de ce 28 mai, le message demeure clair : parler de santé féminine et d’hygiène menstruelle ne relève ni du tabou ni du confort secondaire. En Haïti comme ailleurs, protéger la santé des femmes, garantir leur accès aux soins et leur permettre de vivre leurs menstruations dans la dignité constitue aussi un investissement dans l’éducation, la participation sociale et l’avenir du pays.
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