Le Palais municipal de Delmas s’est transformé, le samedi 15 août 2026, en espace de rencontres entre écrivains, écrivaines et passionnés de littérature à l’occasion de la première édition de « Vacances en Livres ». Pensée comme une foire destinée à rapprocher le public des auteurs tout en valorisant la production littéraire haïtienne, l’initiative a rassemblé plus d’une trentaine d’auteurs et une centaine de titres, entre ventes-signatures, discussions et découvertes littéraires.
Annoncé plusieurs semaines auparavant comme « l’événement de l’été », « Vacances en Livres » voulait également replacer le livre au centre des loisirs culturels. L’événement a associé littérature et animations artistiques, avec des séances de dédicaces, des causeries et des prestations musicales. Une attention particulière avait aussi été accordée aux enfants : l’accès était gratuit pour les moins de 14 ans, une disposition destinée à encourager le contact avec les livres dès le plus jeune âge.
Cette première édition a aussi offert une vitrine intéressante à la création littéraire féminine. Plusieurs écrivaines étaient annoncées en signature, parmi lesquelles Claudia Charlot, avec Haïti : La bête noire ?, Yenniva Ménard, auteure de Je veux votre mari, Wendy C. Jn Baptiste, avec Les liens du destin, Vianney Ménard, auteure de Fais-moi jouir, Darline Honoré (DaHo), avec À défaut d’orgasme, ainsi que Djina Guillet Delatour, avec 40 ans au-delà des limites. Une diversité de titres qui montre des femmes investissant la littérature avec leurs propres sujets, sensibilités et manières de raconter.
Cette présence féminine mérite d’être soulignée au-delà du simple nombre de participantes. Dans l’espace littéraire, permettre aux femmes de publier, signer, rencontrer leurs lectrices et lecteurs et occuper physiquement les grands rendez-vous culturels contribue à renforcer leur visibilité comme productrices de pensée et de récits. Certaines œuvres présentées abordent d’ailleurs, à travers des registres différents, des sujets liés aux relations humaines, à l’intimité, aux trajectoires personnelles ou à la société haïtienne. La foire devient alors non seulement un espace commercial, mais aussi un lieu où différentes voix peuvent circuler et rencontrer leur public.
La Bibliothèque nationale d’Haïti a également marqué sa présence à cette première édition, confirmant la dimension institutionnelle prise par le rendez-vous. Selon les comptes rendus publiés après l’activité, lecteurs, auteurs et personnalités ont fréquenté le Palais municipal tout au long de cette journée consacrée aux livres et aux échanges directs entre le public et celles et ceux qui écrivent.
L’enjeu est d’autant plus important que la littérature haïtienne possède une longue tradition d’écrivaines dont les œuvres ont interrogé la condition féminine, la famille, les rapports sociaux, la migration, l’identité et les bouleversements politiques. Favoriser aujourd’hui l’émergence et la visibilité de nouvelles auteures participe à la continuité de cet héritage, tout en permettant à une nouvelle génération de femmes de prendre davantage possession de l’espace culturel.
Avec cette première édition, « Vacances en Livres » ambitionne justement de devenir un rendez-vous régulier de la vie culturelle haïtienne. Les organisateurs avaient annoncé dès son lancement leur volonté d’inscrire l’événement durablement dans l’agenda culturel national.
La forte présence des femmes parmi les auteurs en signature constitue également un signal à valoriser : une femme qui écrit ne raconte pas uniquement une histoire ; elle documente une époque, transmet une expérience, interroge la société et participe à la construction de sa mémoire. En leur donnant un espace pour présenter leurs œuvres et rencontrer directement le public, « Vacances en Livres » contribue ainsi à faire du livre un lieu où les voix féminines haïtiennes peuvent, elles aussi, prendre toute leur place.
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