Le syndrome des ovaires polykystiques, connu sous le sigle SOPK, porte désormais un nouveau nom dans les débats médicaux internationaux : PMOS, pour Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome, que l’on peut traduire par syndrome ovarien métabolique polyendocrinien. Cette évolution vise à corriger une idée longtemps répandue : cette maladie ne se résume pas à la présence de « kystes » sur les ovaires. Elle touche aussi le métabolisme, les hormones, la fertilité, la peau, le poids et parfois la santé mentale. Selon l’OMS, le SOPK concerne environ 10 à 13 % des femmes en âge de procréer, et jusqu’à 70 % des femmes concernées ne seraient pas diagnostiquées.
Ce changement de nom est important, car beaucoup de femmes ont longtemps été mal comprises, mal orientées ou diagnostiquées tardivement. Les symptômes peuvent inclure des règles irrégulières, de l’acné, une pilosité excessive, une prise de poids, des difficultés à concevoir, une résistance à l’insuline et un risque accru de diabète de type 2 ou de troubles cardiovasculaires. Les lignes directrices internationales rappellent aussi que la prise en charge doit être globale, avec un suivi gynécologique, hormonal, métabolique et psychologique si nécessaire.
En Haïti, cette réalité reste encore trop silencieuse. Beaucoup de femmes vivent avec des cycles irréguliers, des douleurs, des troubles hormonaux ou des difficultés de fertilité sans toujours avoir accès à un diagnostic clair, faute d’information, de moyens financiers ou de spécialistes disponibles. Des témoignages publiés par Zanmi Lasante montrent que le SOPK peut avoir des conséquences lourdes sur la grossesse et la santé reproductive, tandis que des médias haïtiens comme AyiboPost ont déjà souligné le manque de traitement unique et la nécessité d’une prise en charge régulière, souvent longue et coûteuse.
Ce nouveau nom doit donc servir de signal d’alerte. Il rappelle que les femmes ne doivent pas banaliser les troubles de leurs règles, l’infertilité, l’acné persistante ou les changements hormonaux. Il appelle aussi les autorités sanitaires, les médecins, les médias et les organisations de femmes à mieux informer, dépister et accompagner. En Haïti comme ailleurs, reconnaître cette maladie dans toute sa complexité, c’est déjà rendre justice à des milliers de femmes qui souffrent en silence.
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