Après plusieurs tentatives infructueuses, Keiko Fujimori a été élue présidente du Pérou, devenant la première femme de l’histoire du pays à accéder à la magistrature suprême par le vote populaire. Cette victoire, acquise au terme d’un scrutin particulièrement serré, marque un tournant historique dans la vie politique péruvienne tout en consacrant l’une des personnalités les plus influentes et controversées d’Amérique latine.
Née le 25 mai 1975 à Lima, Keiko Sofía Fujimori Higuchi est la fille de l’ancien président Alberto Fujimori. Très jeune, elle est propulsée sur le devant de la scène politique. À seulement 19 ans, elle devient Première dame du Pérou après la séparation de ses parents, assumant des responsabilités protocolaires qui lui permettent de découvrir très tôt les rouages de l’État. Par la suite, elle poursuit des études en administration aux États-Unis avant de s’engager pleinement en politique.
Son ascension politique s’est construite dans la durée. Élue députée en 2006, elle fonde ensuite son parti, Popular Force, dont elle devient la principale figure. Candidate à l’élection présidentielle en 2011, 2016 et 2021, elle échoue à chaque fois au second tour, souvent avec des écarts extrêmement faibles. Ces défaites successives n’ont pourtant pas freiné ses ambitions. Sa persévérance lui a permis de revenir une quatrième fois devant les électeurs en 2026.
Sa victoire intervient dans un contexte de profonde instabilité politique. En moins de dix ans, le Pérou a connu une succession de présidents, des crises institutionnelles et une montée de l’insécurité. Pendant sa campagne, Keiko Fujimori a axé son programme sur le rétablissement de l’ordre, la lutte contre la criminalité et la relance économique, des thèmes qui ont fortement résonné auprès d’une partie de l’électorat. Elle s’est imposée avec un peu plus de 50 % des suffrages, au terme d’un dépouillement particulièrement disputé.
Son élection reste toutefois source de débats. Héritière d’un nom qui divise la société péruvienne, Keiko Fujimori devra gouverner un pays profondément polarisé, où les questions de gouvernance, de justice et de stabilité demeurent au cœur des préoccupations nationales. Plusieurs observateurs estiment que sa capacité à rassembler au-delà de son camp politique constituera l’un des principaux défis de son mandat.
Au-delà des clivages, cette élection représente une avancée symbolique majeure pour la représentation des femmes en politique en Amérique latine. En devenant la première femme élue à la tête du Pérou, Keiko Fujimori inscrit son nom dans l’histoire politique du pays et rejoint le cercle des dirigeantes qui occupent désormais les plus hautes fonctions de l’État sur le continent.
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