Le processus de désignation du prochain Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies entre dans une phase déterminante. Cette semaine, les candidats ont été auditionnés devant les 193 États membres, un exercice désormais incontournable depuis sa formalisation en 2016 pour renforcer la transparence du processus.
Parmi les prétendants à la succession de António Guterres, deux figures féminines de premier plan retiennent particulièrement l’attention : Michelle Bachelet et Rebeca Grynspan. Leur présence illustre une dynamique croissante en faveur d’un leadership féminin à la tête de l’ONU, une institution qui n’a encore jamais été dirigée par une femme depuis sa création en 1945.
Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, dispose d’une solide expérience internationale. Toutefois, sa candidature semble fragilisée par des tensions politiques, notamment après la publication d’un rapport sur la situation des Ouïghours en Chine, ainsi que par le retrait du soutien officiel de son propre pays.
Face à elle, Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle cheffe de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), apparaît comme une candidate consensuelle. Forte d’un parcours marqué par la coopération internationale et le développement économique, elle met en avant son attachement aux principes fondateurs de l’ONU, hérités de l’après-Seconde Guerre mondiale.
Au-delà des profils, le choix du futur Secrétaire général reste fortement influencé par des équilibres géopolitiques. Plusieurs États plaident pour le respect d’une rotation régionale, en faveur d’un candidat issu d’Amérique latine. Mais, in fine, la décision dépendra du Conseil de sécurité, dont les membres permanents disposent d’un droit de veto déterminant.
Dans ce contexte, ces auditions constituent bien plus qu’un exercice formel : elles offrent une tribune aux candidats pour défendre leur vision du multilatéralisme, dans un monde confronté à des crises multiples. Et pour beaucoup, l’enjeu est aussi historique : l’ONU est-elle prête, enfin, à être dirigée par une femme ?
Nouv’Elles
