Les grands rendez-vous internationaux consacrés aux technologies émergentes, notamment le Women in Tech Global Conference 2026 et le Perspektywy Women in Tech Summit, ont placé cette année une préoccupation majeure au centre des débats : comment construire une intelligence artificielle qui protège les femmes plutôt que de reproduire les inégalités existantes ? Les discussions ont particulièrement porté sur la cyberviolence, les deepfakes et les biais algorithmiques qui continuent d’affecter les femmes dans les espaces numériques et professionnels.
L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle générative s’accompagne en effet de nouveaux risques. Selon ONU Femmes, la violence numérique visant les femmes et les filles connaît une intensification préoccupante à l’échelle mondiale. L’organisation souligne que près de 1,8 milliard de femmes et de filles vivent encore dans des pays où elles ne bénéficient d’aucune protection juridique efficace contre le cyberharcèlement, le cyberharcèlement sexuel, le partage non consenti d’images ou les deepfakes.
Les deepfakes constituent aujourd’hui l’une des menaces les plus préoccupantes. Un rapport publié en 2026 révèle une augmentation de 900 % des contenus deepfake au cours des dernières années et indique que plus de 90 % des deepfakes à caractère sexuel ciblent des femmes. Ces contenus sont souvent utilisés pour l’intimidation, la diffamation ou le harcèlement en ligne, avec des conséquences importantes sur la réputation, la santé mentale et la participation publique des victimes.
Les conséquences dépassent largement le cadre numérique. Une étude soutenue par ONU Femmes publiée en 2026 montre que 41 % des femmes interrogées déclarent s’autocensurer sur les réseaux sociaux afin d’éviter les abus, tandis que près d’une femme sur cinq affirme avoir réduit sa prise de parole dans un cadre professionnel ou public par crainte du harcèlement numérique.
Au-delà de la cyberviolence, les expertes alertent également sur les biais présents dans certains systèmes d’intelligence artificielle. Des travaux universitaires récents démontrent que certains outils de recrutement assistés par l’IA continuent de favoriser les hommes pour des postes à haute responsabilité ou de reproduire des stéréotypes de genre dans l’évaluation des candidatures. D’autres recherches montrent que les IA génératives tendent encore à associer les femmes à des rôles ou caractéristiques traditionnellement stéréotypés.
Face à ces défis, les conférences internationales de 2026 insistent sur le développement d’une « IA éthique », fondée sur la transparence, la diversité des équipes de conception et l’intégration systématique des enjeux d’égalité entre les sexes. Les participantes appellent également à une meilleure représentation des femmes dans les métiers de l’intelligence artificielle, de la gouvernance numérique et de la cybersécurité afin qu’elles puissent contribuer directement à la conception des technologies de demain.
Pour les défenseures des droits numériques, l’enjeu est désormais clair : l’intelligence artificielle ne doit pas seulement être innovante. Elle doit être inclusive, sécuritaire et capable de protéger les femmes contre les nouvelles formes de violence qui émergent à l’ère numérique. Car l’avenir de la technologie se jouera autant dans les laboratoires que dans la capacité des sociétés à garantir que les outils du futur servent l’égalité plutôt que les discriminations.
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