Le Pérou retient son souffle. Après des années de défaites électorales et une carrière politique marquée par les controverses, Keiko Fujimori se trouve aujourd’hui aux portes de l’histoire. Candidate du parti Force Populaire, elle est en passe de remporter l’élection présidentielle de 2026 et pourrait devenir la première femme élue présidente du Pérou. Selon les derniers décomptes, elle devance son rival de gauche Roberto Sánchez avec 50,11 % des voix contre 49,89 %, dans l’un des scrutins les plus serrés de l’histoire démocratique du pays.
Née en 1975 à Lima, Keiko Sofía Fujimori Higuchi est la fille de l’ancien président péruvien Alberto Fujimori. À seulement 19 ans, elle devient Première dame du Pérou en 1994 à la suite de la séparation de ses parents. Cette fonction lui offre une visibilité nationale précoce et marque le début d’un parcours politique qui l’amènera plus tard au Congrès puis à la tête de son propre parti politique.
Depuis quinze ans, Keiko Fujimori est l’une des figures les plus influentes de la politique péruvienne. Candidate à la présidence en 2011, 2016, 2021 et 2026, elle a connu plusieurs défaites extrêmement serrées. En 2016, elle avait obtenu 49,88 % des voix au second tour. En 2021, elle avait perdu face à Pedro Castillo avec 49,87 % des suffrages. Ces revers successifs ont fait d’elle l’une des personnalités les plus polarisantes du pays, admirée par certains pour sa ténacité et critiquée par d’autres en raison de l’héritage controversé de son père.
L’élection de 2026 reflète la profonde division du Pérou. Le pays a connu une décennie d’instabilité politique avec une succession rapide de présidents, des crises institutionnelles et une montée de l’insécurité. Face à Roberto Sánchez, Keiko Fujimori a axé sa campagne sur la sécurité, la relance économique et le renforcement des institutions. Les observateurs internationaux de l’Organisation des États américains et de l’Union européenne ont indiqué que le scrutin s’était déroulé normalement malgré les contestations déposées après le vote.
Si les résultats définitifs confirment sa victoire, Keiko Fujimori écrira une nouvelle page de l’histoire politique péruvienne. Après avoir été fille de président, Première dame, députée et trois fois candidate malheureuse à la magistrature suprême, elle pourrait enfin accéder à la présidence lors de sa quatrième tentative. Une victoire qui marquerait non seulement un tournant pour le Pérou, mais aussi une avancée symbolique pour la représentation des femmes au plus haut niveau du pouvoir en Amérique latine.
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