Le Concours national « Jeune Mairesse 2026 », lancé par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), veut ouvrir davantage les portes de la gouvernance locale aux jeunes femmes haïtiennes. Initialement annoncé pour les participantes âgées de 18 à 25 ans, le concours a depuis élargi sa tranche d’âge : les jeunes femmes de 18 à 35 ans peuvent désormais y participer. Les premiers articles publiés au moment du lancement, le 27 juillet, faisaient encore état de la limite de 25 ans.
Portée par le Bureau de la secrétaire d’État aux Collectivités territoriales, sous la responsabilité de Sharina Lochard, l’initiative bénéficie notamment de l’implication du MICT, de la Fédération nationale des maires d’Haïti (FENAMH) et de la Fédération nationale des femmes magistrates d’Haïti (FENAFEMH). Présenté comme un espace de valorisation, d’apprentissage et d’engagement, le concours cherche à rapprocher les jeunes femmes des collectivités territoriales et à susciter leur intérêt pour la gouvernance municipale.
Le lancement officiel s’est déroulé à l’Hôtel Montana, en présence notamment de représentants des collectivités territoriales, d’autorités gouvernementales, d’élus locaux et de partenaires institutionnels. La présence de la mairesse adjointe de Pétion-Ville, Marie Géralda Nelson, a également inscrit l’activité dans une réflexion plus large sur la place des femmes dans les responsabilités municipales.
L’élargissement de 18 à 35 ans donne aujourd’hui une portée supplémentaire au concours. Il permet d’intégrer des étudiantes, de jeunes professionnelles, entrepreneures, militantes communautaires ou responsables d’organisations qui possèdent déjà une expérience du terrain et pourraient envisager une implication plus directe dans la gestion de leur commune. Dans un pays où la participation politique des femmes demeure un enjeu majeur, familiariser davantage de jeunes Haïtiennes avec le fonctionnement municipal peut contribuer à constituer une nouvelle génération de dirigeantes locales.
Mais l’intérêt de « Jeune Mairesse 2026 » devra aussi se mesurer à ce qui suivra le concours. Mettre des jeunes femmes en situation de réfléchir à la gestion d’une commune est une première étape ; leur offrir ensuite des possibilités de formation, de mentorat, de réseautage et de participation réelle aux espaces décisionnels serait déterminant pour transformer l’expérience en véritable pépinière de leadership féminin.
Pour différentes organisations féminines dans le pays, l’initiative porte ainsi un message important : la mairie, la gouvernance territoriale et la décision publique ne doivent plus apparaître comme des espaces éloignés des ambitions des jeunes femmes. Encourager une femme de 18, 25 ou 35 ans à penser sa commune, à proposer des solutions et à exercer son leadership, c’est aussi lui permettre d’imaginer qu’un jour, elle pourra réellement la diriger.
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